Rendre visible l’invisible

Rendre visible l’invisible… dans la peinture d’Anick Langelier
Par André Seleanu, critique d’art

Montréal, 13-12-2013

Anick Langelier crée des univers hallucinants de couleur avec des perspectives à vol d’oiseau sur ses mondes parallèles. En fait elle semble peindre une réalité chamanique d’âmes : anges, démons, lutins, chimères, j’en passe. Anick dit qu’elle peint Dieu, et moi je comprends qu’il s’agit d’un principe, d’une volonté englobante qui réunit toutes les spiritualités partielles. En regardant ses toiles, il devient évident qu’elle a une connaissance étendue de l’imaginaire pictural, qu’elle reprend à sa manière. On voit des clins d’œil à l’expressionnisme puissamment chromatique de Kokoschka, à la fébrilité des activités paysannes des vues villageoise de Breughel, même à la sensualité sinueuse de l’Art nouveau, aux mondes ineffables et flottants au milieu des airs de Chagall, et surtout au sourire bon enfant du Douanier Rousseau. Selon les classiques de la peinture chinoise et Wassily Kandinsky dans Du spirituel dans l’art, le but de l’artiste doit être de rendre visible l’invisible. Eh bien, Anick Langelier le fait : elle nous fait apercevoir des myriades d’esprits, exprimant des émotions qui se manifestent à l’intérieur de toute une gamme affective entre la joie et la terreur. Elle le fait à travers le dessin baroque, voire tourmenté, et un chromatisme faisant une large place aux couleurs primaires.

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Chez Anick Langelier, « la causalité n’est ni spatiale, ni située dans les choses », pour reprendre l’heureuse expression du psychologue de l’enfance Jean Piaget. (1) Certainement Anick Langelier n’a pas emprunté la voie des styles reconnus pour s’exprimer.

La liberté d’imaginer les choses différemment inscrit Anick Langelier dans le sillage du grand peintre surréaliste populaire québécois Arthur Villeneuve, en puisant dans un univers imaginaire apparenté à celui du peintre de Chicoutimi, en allant plus loin : en rendant visible, manifeste un registre spirituel jamais vu auparavant. Langelier a engendré un nouveau monde pictural soutenu par beaucoup de courage et de cohérence.

(1) Jean Piaget La construction du réel chez l’enfant. Neuchâtel, Delachaux et Niéstlé, 1963 p. 307-309

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4 réflexions au sujet de « Rendre visible l’invisible »

  1. Bonjour madame Langelier, j’ai l’honneur d’avoir acquis une de vos toiles (Dernière cène) à la Galarie des Nanas parmi ma collection privée. De par votre histoire de vie et de par votre approche artistique unique, je suis convaincu que la nature de votre œuvre artistique s’inscrira dans le temps. Vous avez un très beau corpus d’œuvres.

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